
Résidences secondaires sur la Côte d’Azur : ce que révèlent les nouvelles données Insee
Dans les Alpes-Maritimes, 24,6 % des logements sont des résidences secondaires ou occasionnelles. Cette moyenne masque des écarts majeurs entre Nice, Cannes, Antibes, Menton, Mougins et Valbonne.
En bref
- En 2023, 24,6 % des logements des Alpes-Maritimes sont des résidences secondaires ou des logements occasionnels, contre 9,7 % en France entière.
- La moyenne départementale masque un écart de 13,8 % à Nice à 44,2 % à Cannes parmi les communes comparées.
- La catégorie Insee regroupe des résidences de loisirs, des meublés touristiques et des logements occasionnels professionnels sans distinguer chaque usage individuel.
- Ces données décrivent la structure du parc ; elles ne mesurent ni les prix, ni le volume des ventes, ni la disponibilité des logements.
- Pour acheter ou vendre, la statistique locale doit être rapprochée de l’usage prévu, du quartier et des caractéristiques concrètes du bien.
Les résidences secondaires occupent une place importante sur la Côte d’Azur, mais elles ne structurent pas toutes les communes de la même manière. Les nouvelles données territoriales de l’Insee montrent qu’en 2023 elles représentent, avec les logements occasionnels, 24,6 % du parc des Alpes-Maritimes, contre 9,7 % en France entière. Cette moyenne départementale masque pourtant un écart considérable : 13,8 % à Nice, 16,6 % à Valbonne, 19,6 % à Mougins, 33,5 % à Antibes, 42,1 % à Menton et 44,2 % à Cannes. Pour un acheteur ou un vendeur, le principal enseignement n’est donc pas qu’un secteur serait meilleur qu’un autre. Il est que le même projet change de contexte selon la place qu’occupent les usages permanents, saisonniers et occasionnels dans le parc local.
Un logement sur quatre dans les Alpes-Maritimes, mais une moyenne insuffisante
L’édition 2026 de La France et ses territoires, publiée par l’Insee le 24 septembre, confirme le poids particulier des résidences secondaires dans les espaces touristiques du littoral méditerranéen et des Alpes. À l’échelle des Alpes-Maritimes, 197 490 logements sont classés en 2023 comme résidences secondaires ou logements occasionnels, sur un parc total de 803 375 logements. Leur part atteint 24,6 %, soit environ deux fois et demie la moyenne nationale de 9,7 %.
Cette donnée décrit la structure du parc, pas le volume des ventes ni l’évolution des prix. Elle ne signifie pas qu’un logement sur quatre est actuellement disponible à l’achat, qu’il est loué en courte durée ou qu’il reste vide la majeure partie de l’année. Elle montre simplement que l’usage principal du parc diffère fortement de la moyenne française. Pour analyser un marché immobilier, cette information complète les prix et les transactions : elle renseigne sur les profils d’usage susceptibles d’influencer la demande, la saisonnalité et les caractéristiques recherchées.
Six communes révèlent six équilibres résidentiels différents
| Commune | Part des résidences secondaires et logements occasionnels | Résidences principales |
|---|---|---|
| Nice | 13,8 % | 73,8 % |
| Valbonne | 16,6 % | 77,6 % |
| Mougins | 19,6 % | 75,1 % |
| Antibes | 33,5 % | 61,2 % |
| Menton | 42,1 % | 50,4 % |
| Cannes | 44,2 % | 52,5 % |
La comparaison ne dessine pas un classement de qualité. Elle fait apparaître des structures d’usage. Nice reste majoritairement une ville de résidences principales, malgré plus de 33 000 résidences secondaires ou logements occasionnels. Valbonne et Mougins présentent elles aussi un parc dominé par l’habitat principal. À Antibes, la part secondaire dépasse un tiers des logements. À Menton et Cannes, elle approche ou dépasse quatre logements sur dix.
Ces écarts peuvent exister au sein d’une même commune entre le centre, le littoral, les quartiers résidentiels et l’arrière-pays. Le chiffre communal ne remplace donc pas l’observation d’un immeuble, d’un quartier ou d’un bassin de vie. Il fournit un contexte pour comprendre pourquoi deux biens situés à quelques dizaines de kilomètres peuvent rencontrer des demandes, des rythmes d’occupation et des attentes très différents.

Ce que l’Insee mesure — et ce que la donnée ne permet pas de conclure
Pour l’Insee, une résidence secondaire est utilisée pour les week-ends, les loisirs ou les vacances. Les logements meublés loués ou proposés pour des séjours touristiques sont également classés dans cette catégorie. Les logements occasionnels correspondent, eux, à un usage ponctuel pour des raisons professionnelles. Comme la frontière entre les deux peut être difficile à établir, les résultats territoriaux les regroupent.
Cette définition statistique impose trois précautions. D’abord, la catégorie ne permet pas d’identifier le mode d’occupation de chaque logement : usage familial, location touristique ou pied-à-terre professionnel. Ensuite, elle ne donne pas le nombre de nuits occupées dans l’année. Enfin, elle ne constitue ni un prix immobilier ni une mesure de tension du marché. Une forte part de résidences secondaires peut coexister avec des typologies, des budgets et des dynamiques de vente très différents.
Il serait donc excessif d’attribuer automatiquement un prix élevé ou une hausse de valeur à cette seule proportion. Notre analyse du marché immobilier des Alpes-Maritimes examine séparément les volumes et les prix. Les deux lectures sont complémentaires : l’une décrit les transactions, l’autre la composition du parc.
Pour un acheteur, le territoire se choisit aussi selon le rythme d’usage recherché
Un projet de résidence principale, de pied-à-terre ou de résidence de vacances ne rencontre pas les mêmes priorités. Dans une commune où l’habitat permanent domine, l’attention peut porter davantage sur les trajets quotidiens, les écoles, les services ouverts toute l’année et la stabilité du voisinage. Dans un secteur à forte présence secondaire, la proximité du littoral, la simplicité d’entretien, la sécurité pendant les absences, la facilité d’accès et les services de copropriété peuvent prendre plus de poids.
Ce ne sont pas des règles universelles. Une villa à Mougins peut être occupée quelques semaines par an ; un appartement à Cannes peut être une résidence principale. La statistique locale ne qualifie jamais un bien individuel. Elle aide plutôt à formuler le bon cahier des charges et à comparer les communes au regard de l’usage réel. C’est précisément l’objectif d’un accompagnement d’achat personnalisé : partir du mode de vie attendu avant de réduire la recherche à une adresse réputée.
Pour un vendeur, le chiffre éclaire le public sans fixer le prix
La structure du parc peut aider à mieux présenter un bien. Un logement destiné à un usage occasionnel sera souvent apprécié pour sa facilité d’accès, ses extérieurs, son stationnement, la simplicité de son entretien ou la qualité de la copropriété. Une résidence principale sera davantage confrontée aux usages quotidiens, aux volumes de rangement, aux déplacements et aux coûts récurrents. Certains biens répondent aux deux logiques ; cette polyvalence doit être démontrée par des caractéristiques concrètes, pas affirmée dans une formule commerciale.
La part locale de résidences secondaires ne justifie toutefois aucune prime automatique. Le prix reste lié aux ventes comparables, à la micro-localisation, à l’état, à la vue, à l’exposition, à l’accès, aux charges et à la concurrence disponible. L’article consacré à l’estimation d’une villa sur la Côte d’Azur détaille cette logique. Pour un vendeur, la donnée Insee sert donc à comprendre le contexte d’usage et à adapter la présentation ; elle ne remplace pas une estimation documentée.
Une résidence secondaire n’est pas un segment immobilier unique
Le terme recouvre des réalités très différentes : studio urbain utilisé ponctuellement, appartement familial proche de la mer, pied-à-terre professionnel, maison de vacances ou villa occupée plusieurs mois. Ces biens ne répondent ni aux mêmes budgets ni aux mêmes critères. Les données Insee montrent d’ailleurs que la Côte d’Azur ne peut pas être lue comme un marché homogène. Cannes et Menton présentent une forte part d’usage secondaire dans un parc très majoritairement composé d’appartements, tandis que Mougins conserve une structure plus résidentielle et un habitat davantage tourné vers la maison.
Cette diversité explique pourquoi une recherche pertinente doit croiser la commune, le quartier, le type de bien et l’usage prévu. Elle invite également à éviter les généralisations sur une supposée clientèle unique de résidences secondaires. Le besoin d’un propriétaire qui séjourne chaque mois n’est pas celui d’un ménage qui vient uniquement l’été, ni celui d’un acquéreur préparant une installation permanente.
La bonne lecture : partir de l’usage, puis revenir au micro-marché
Les nouvelles données Insee apportent une photographie utile : les Alpes-Maritimes accueillent une proportion de résidences secondaires nettement supérieure à la moyenne nationale, mais l’intensité du phénomène varie fortement d’une commune à l’autre. Elles permettent de comprendre le contexte général d’un projet, à condition de ne pas leur faire dire davantage.
Pour un acheteur, la question décisive reste celle de l’usage : fréquence des séjours, besoins quotidiens, entretien, accès et projection à long terme. Pour un vendeur, l’enjeu consiste à identifier les qualités réellement compatibles avec ces usages, puis à les confronter aux ventes comparables et à la demande actuelle. Dans les deux cas, la moyenne départementale est un point de départ. La décision se prend à l’échelle du bien, de son environnement immédiat et du projet de vie.
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Sources consultées
- Insee — La France et ses territoires — édition 2026 (24/09/2026)
- Insee — Logement — La France et ses territoires, données 2023 (24/09/2026)
- Insee — Comparateur de territoires — Département des Alpes-Maritimes (27/08/2026)
- Insee — Comparateur de territoires — Nice (27/08/2026)
- Insee — Comparateur de territoires — Cannes (27/08/2026)
- Insee — Comparateur de territoires — Antibes (27/08/2026)
- Insee — Comparateur de territoires — Menton (27/08/2026)
- Insee — Comparateur de territoires — Mougins (27/08/2026)
- Insee — Comparateur de territoires — Valbonne (27/08/2026)
- Insee — Définition — Résidence secondaire
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